Directeur de la photographie et réalisateur, le documentariste Simon Watel utilise la caméra ARRI AMIRA dans les conditions les plus extrêmes : Sibérie, Bangladesh, Burkina Faso, Kenya. Portrait d’un professionnel aguerri qui va bientôt réaliser son premier long-métrage de cinéma.

 

Vous êtes spécialisé dans le documentaire. Quel est votre parcours ?

Je suis directeur de la photographie et réalisateur. Je travaille exclusivement sur des documentaires aventure/découverte. J’ai commencé par dix ans de documentaire animalier. J’y ai fait de belles rencontres, comme celle du réalisateur Pascal Plisson. Ce qui m’a amené à travailler sur les expéditions de Jean-Louis Étienne, les émissions Vu du ciel de Yann Arthus-Bertrand. Puis j’ai mis le pied dans le documentaire de cinéma en 2013 avec Sur le chemin de l’école, dont j’ai été le chef opérateur. Sur le même principe, je travaille actuellement sur Profs de l’impossible, produit par Winds Films (Barthélémy Fougea) et réalisé par Émilie Thérond (Mon maître d’école). Nous suivons des enseignants qui travaillent dans des conditions extrêmes, dans le nord de la Sibérie, au Burkina Faso, dans le delta du Gange au Bangladesh… Parallèlement, je suis directeur photo sur un documentaire au long cours pour la BBC, avec des prises de vue au Kenya, à Mayotte, dans l’Océan Indien. Je tourne ces deux projets avec l’AMIRA.

Pourquoi avoir choisi l’ARRI AMIRA?

C’est un peu ma signature comme directeur de la photographie de concilier l’esthétique avec l’improvisation du documentaire. L’AMIRA me permet cela. C’est une vraie caméra de reportage avec laquelle je peux tourner quasiment en 4K. Comme Profs de l’impossible doit sortir en salles, nous avions besoin de cette qualité esthétique tout en conservant un outil souple et fiable. L’AMIRA – qui a le même capteur que l’ALEXA – apporte un grain, une douceur, une matière à l’image, qui amène beaucoup à l’univers du documentaire. Surtout, il me fallait une caméra de terrain qui a fait ses preuves dans des environnements difficiles. Aujourd’hui, les caméras numériques ont tendance à être des blocs sur lesquels on multiplie les accessoires et les câbles. Quand on filme dans des situations complexes, ce n’est pas possible. Avec l’AMIRA, tout est compact et solidaire.

Comment l’AMIRA tient-elle le choc dans ces environnements extrêmes ? Quels problèmes techniques avez-vous rencontrés ?

Aucun. La caméra est d’une solidité à toute épreuve. L’été dernier, sur Profs de l’impossible, j’ai tourné au Bangladesh en pleine mousson avec 98% d’humidité. Nos vêtements pourrissaient dans les sacs mais l’AMIRA continuait de fonctionner parfaitement. Au Burkina Faso, j’ai travaillé par 45° : aucun souci technique, malgré la poussière. Cet hiver, j’étais en Sibérie où je filmais par – 47 degrés. J’avais apporté des housses de protection contre le froid, mais je n’ai pas eu besoin de les utiliser. Il a juste fallu dégraisser l’œilleton de la caméra et les objectifs. Le plus impressionnant, c’est quand nous passions des extérieurs glacés à l’intérieur des tentes chauffées. La caméra dégoulinait de condensation, mais une demi-heure plus tard, tout était sec et fonctionnait parfaitement. Et je ne vous parle pas de la solidité dans le transport. Pour aller dans l’extrême nord de la Russie, le voyage a duré sept jours. La caméra est passée de l’avion, au train, à des camions, aux motos, pour finir en traineau. A l’arrivée, tout fonctionnait. D’ailleurs, je suis parti sans spare pour l’AMIRA. J’avais plusieurs 5D pour les photos ; ils se sont avérés trop fragiles.

 

Comment utilisez vous l’AMIRA sur le terrain ?

Sur ce documentaire, je travaille 70% à l’épaule, le reste au pied. J’aime beaucoup la façon dont l’AMIRA est équilibrée à l’épaule. Et puis, grâce à son système de semelle, je peux la passer en quelques secondes du pied à l’épaule. Ce qui est très pratique en documentaire. J’aime aussi son ergonomie. Je retrouve la même facilité de prise en main que sur les Betacam avec lesquelles j’ai débuté. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour filmer ce qui se présente à l’improviste. Elle me permet de partir seul en tournage mais aussi de travailler avec un assistant pour le point, comme sur Profs de l’impossible. En fait, elle est ultra efficace sur le terrain. Je visualise les menus depuis le viseur. Elle m’averti si un filtre est bloqué à mi-course. En Sibérie, je l’utilisais avec d’énormes moufles. Ce qui ne m’empêchait pas de manipuler les boutons et de changer les menus. Pour moi, c’est la caméra idéale.

Quelles optiques utilisez-vous ?

Sur Profs de l’impossible, j’ai choisi des zooms Fujinon Cabrio. Ce sont les seuls qui ont une poignée motorisée pour modifier la focale et le point. Sur le documentaire de la BBC, je travaille avec des optiques ARRI/ZEISS MASTER PRIME qui ont un très beau piqué et une grande ouverture, mais elles nécessitent un moteur et un pare-soleil. C’est un très gros projet, avec plus de six mois de tournage, où nous avons une grue et des travellings. Comme les MASTER PRIME sont assez légers, j’ai aussi pu mettre l’AMIRA sur un steadicam. Cela fonctionne bien.

Quels sont vos projets futurs ?

J’ai un projet de docu-fiction cinéma avec Winds. Un film assez ambitieux, très esthétique, qui se tournera dans de nombreux pays. Ce sera mon premier long-métrage de cinéma en tant qu’auteur-réalisateur. Il est écrit et en cours de financement.