Dans le cadre de son projet de fin d’étude, Eva Mathis étudiante à l’ENS Louis Lumière a eu l’occasion d’utiliser du matériel ARRI : AMIRA et Master Grips côté caméra, et Skypanels S60 côté éclairage. Découvrez les retours d’expériences des différents élèves impliqués sur ce tournage.

Eva Mathis, réalisation et cadre :

« Le fait de cadrer a été un énorme avantage concernant la direction d’acteur. J’étais au plus proche des comédiens, j’avais un accès direct à la scène, sans intermédiaire, je pouvais leur parler discrètement pendant les prises, décider de qui je filme à quel moment, je me sentais assez libre. Cadrer me permettait d’être incluse dans la scène. L’ergonomie de l’Amira a contribué à ce sentiment et m’a permis beaucoup de liberté. Malgré le poids (nous avions opté pour un zoom Angénieux) cette caméra est très confortable à l’épaule. De plus, sa forme permet une grande maniabilité si l’on souhaite la porter autrement qu’à l’épaule (pour être plus proche du sol par exemple, je m’asseyais en tailleur et la maintenais assez facilement sur ma jambe, le tout restait mobile et maniable). Les Master Grips ont aussi été un outil essentiel participant à ce sentiment de liberté. Je m’en servais notamment pour changer la focale du zoom au cours d’un plan.


Description d’un plan (peut-être le plus compliqué) que nous avons tourné :
Lorsque le personnage d’Axelle se voit envahie d’une crise d’angoisse, nous avons filmé cette scène en plan séquence à l’épaule. C’était un plan techniquement très physique à la fois pour moi et pour les comédiens également, c’était une scène difficile. À la lumière c’était aussi beaucoup de travail pour pouvoir filmer à 360 ° sans avoir une source dans le champ et dans différents espaces de la maison.
Le plan démarre dans les escaliers, Axelle descend en trombe, je la suis à reculons, puis nous arrivons dans un couloir très étroit et enfin dans le salon où elle est très mobile, va au sol, se redresse etc. Lorsque je cadrais cette scène, j’étais très touchée émotionnellement car j’avais
la sensation d’être moi-même Benjamine dans l’histoire. Comme si son personnage était devenu le regard de la caméra sur Axelle en détresse à ce moment-là, je l’observais, la suivais, sans pouvoir la secourir, j’étais habile dans mes mouvements comme Benjamine, ouverte complètement à ceux d’Axelle pour pouvoir la suivre au bon rythme, c’est elle qui me dictait la danse. C’est l’unique plan où un tel chemin est fait dans cette maison, où les espaces sont complètement liés. Je jouais le rôle de Benjamine dans cette scène, dont seul le regard étai désormais présent. Ce plan est très parlant pour apprécier cette maniabilité de l’Amira que je décris plus haut. »

Pauline Broulis, 1ère assistante caméra :
« Dans le cadre du film de fin d’études d’Eva, sur lequel j’étais première assistante caméra et qu’elle réalisait et cadrait à la fois, nous avons utilisé la caméra Amira de chez Arri, accompagnée des poignées master grips. Nous étions curieuses d’essayer ce modèle d’autant plus que nous trouvions qu’il convenait à la dynamique du tournage : nous avions besoin d’une caméra ergonomique qui puisse facilement passer du pied à l’épaule. Eva souhaitait dès son découpage effectuer des zooms pendant les plans, ainsi nous avons utilisé des zooms Angénieux comme optique. Les poignées master grips de l’Amira étaient l’outil idéal pour réaliser ces effets. Les poignées master grip sont simples et rapides à installer ce qui était un soulagement puisque nous avions une dynamique de tournage intense. Je pouvais faire de multiples réglages pour que la cadreuse se sente à l’aise avec la commande et que les zooms soient bien fluides. La plupart du temps je n’ai installé qu’un moteur, dirigeant la bague de zoom des optiques, car je faisais le point au follow focus.

Les filtres intégrés à la caméra étaient une de ses qualités : nous pouvions en mettre un rapidement sans ralentir le tournage. De plus ce filtre interne activé est indiqué sur le menu de la caméra. Ainsi en tant qu’assistant on peut vérifier facilement lequel on utilise, ce qui n’est pas le cas de toutes les caméras disposant de filtres internes. De nombreuses commandes de la caméra sont accessibles rapidement grâce au menu ou via les boutons assignés sur le corps caméra. Cela permet de changer de réglages très vite et est adapté à la fois à un assistant familier de la caméra : qui connait les boutons assignés, comme à quelqu’un de moins connaisseur qui, d’une façon toute aussi pratique, a accès rapidement aux réglages principaux via le menu « home » sur l’écran du viseur. En tant qu’assistante j’ai été très heureuse de cette découverte de caméra, d’autant plus que l’ayant utilisée deux semaines j’ai vraiment pu me familiariser avec le modèle. »

Les Skypanels S60

Basile Baudelet et Marc Leyval, directeurs de la photographie :

« Les Skypanels ont des avantages indéniables vis à vis des autres projecteurs du marché qu’il me semble important de souligner :
– Une technologie LED qui consomme moins et chauffe peu
– Une interface de contrôle très intuitive
– Un contrôle de la température de couleur
– Une simulation réussie des différents rendus de gélatines classiques
Nous avons utilisé ces projecteurs principalement pour les entrées de jours depuis les fenêtres (il s’agissait de nos sources les plus puissantes), ainsi que pour les effets “lune” en nuit. La plupart du temps les faisceaux étaient diffusés par un dépron, un cadre ou une toile afin d’adoucir l’image. Parmi les effets programmés, “fire” et “candle” nous ont été très utiles pour gérer les niveaux sur les comédiens. Le seul problème auquel nous nous sommes retrouvés confrontés est qu’il était souvent nécessaire de descendre le projecteur de son pied pour en modifier l’intensité ou la température de couleur.
Ce problème ne nous a cependant pas empêché de fort apprécier travailler avec ces projecteurs aux réglages très précis permettant un contrôle parfait de la couleur notamment.
Il est intéressant aussi de noter qu’ils sont capables de couvrir une surface très importante : un seul des deux Skypanels nous suffisait pour éclairer une façade de la maison haute de deux étages et de nuit. Nous étions aussi très contents de leur rendu sur les peaux, très doux et très subtil en termes de nuances colorées.