Directrice photo de la jeune génération, Mélodie Preel fait un parcours sans faute. Depuis deux ans, elle s’est imposée dans la publicité où son travail vient de recevoir deux prix Stratégies. Elle nous parle de son utilisation de l’ALEXA LF avec la série SIGNATURE PRIME et, plus récemment, de son expérience avec la MINI LF.

Quel a été votre parcours pour devenir directrice de la photographie ?

Quand je suis sorti de l’Esra, j’ai d’abord fait de la régie avant de passer assistante vidéo. Puis j’ai rencontré Francois Vigon, 1er assistant caméra sur Goal of the dead où j’étais deuxième assistante. Ensuite, je suis restée assistante dans l’équipe de François et de Matias Boucard. C’est avec eux que j’ai le plus collaboré. Il y a deux ans, je suis passée chef opératrice sur une pub Ubisoft (Eddy). A la même époque, Matias m’a pris comme DOP deuxième équipe sur un film Paco Rabanne (Insurrection) tourné en Namibie. Depuis les projets se sont enchaînés. Grâce au réalisateur Frédéric Planchon, j’ai signé la photographie d’une publicité pour les élections européennes, qui m’a donné beaucoup de visibilité. Olivier Nakache et Eric Toledano m’ont contacté suite à ce film pour une campagne AXA (Quad). Je tourne d’ailleurs avec eux la seconde partie de la série En Thérapie, qu’ils co-réalisent pour Arte. Quentin Delamazelle a mis en place l’image sur la première partie.

Les pubs Roger Vivier que vous avez éclairées ont gagné deux prix Stratégies. Pourquoi avoir utiliser l’ALEXA LF et la série ARRI SIGNATURE PRIME ?

Sur le premier film Roger Vivier (Égalité), la réalisatrice Laura Sicouri avait une direction artistique marquée, avec des décors très stylisés et un travail sur les couleurs très élaboré. La haute sensibilité de l’ALEXA LF était parfaite dans ce contexte. Cette caméra possède une large latitude et une grande précision dans les couleurs, avec beaucoup plus de nuances. Nous tournions dans un hôtel exiguë à Clichy et cette extrême sensibilité couplée avec la grande ouverture des SIGNATURE PRIME – autour de 2 – m’a aussi permis d’éclairer plus facilement ces petits décors, tout en conservant toutes les nuances.

Votre avis sur les objectifs ARRI SIGNATURE PRIME ?

Pour moi, c’est l’outil parfait pour la LF : ils ont de l’ouverture, ils sont légers. Et puis ils couvrent du 15mm au 280mm dans un domaine où il n’y a pas encore énormément d’offre. Ils sont aussi très doux, tout en ayant une personnalité. Je trouve que c’est un bon compromis : ils sont modernes, droits et, en même temps, ils ont un caractère affirmé. J’aime aussi beaucoup la manière dont les SIGNATURE partent au flou. Ils ont quelque chose de très typé. Sur le premier film Roger Vivier, je les ai utilisés en poussant la caméra à 2000 ASA pour ramener un peu de matière dans l’image.

Est-ce que le grand capteur de l’ALEXA LF a changé votre manière de travailler ?

Le grand capteur de la LF donne une présence plus forte à l’image. On peut se rapprocher des personnages avec une focale moyenne sans perdre en présence et en volume. Dans des décors tout petits, cela m’a permis de récupérer du cadre sans avoir de déformation. C’est très intéressant.

Et la Mini LF ?

Franchement, c’est ma préférée. La MINI avec grand capteur offre encore plus de possibilités. On retrouve cette proximité du cadre, cette sensation de volume et de présence de l’image unique, mais avec plus de maniabilité. Sur certains projets, cela peut être un élément clé. J’ai fait récemment une publicité pour la Fondation pour l’Enfance où j’ai utilisé la MINI LF avec des vieilles optiques très marquées, les Todao. J’ai voulu conserver le vignettage des courtes focales tout en tournant en 2:1. Je voulais abimer l’image et récupérer des déformations tout en restant doux. Avec la MINI LF, je devais filmer à l’épaule une mère et son fils dans une baignoire. J’avais déporté la batterie pour réduire l’encombrement. Je me tenais à 20 cm des personnages, avec une capacité de réaction à leurs mouvements. Je n’aurais pas pu le faire avec une ALEXA LF classique. Cette caméra amène une intimité à l’image, une proximité unique. C’est une écriture spontanée, plus proche de ma sensibilité. L’image est beaucoup plus vivante. Aujourd’hui, je ne peux plus me passer de la MINI LF (rires). Si elle est disponible, je demande à travailler avec elle.